Quand le pouvoir économique banalise l’extrême droite.
Il y a des moments dans l’histoire où certains choix en disent long, pas seulement sur le présent, mais sur ce que l’on est prêt à accepter pour l’avenir.
Hier comme aujourd’hui, les liens entre pouvoir économique et forces politiques ne sont jamais anodins.
Quand le patronat choisit ses interlocuteurs, il envoie un signal. Recevoir Jordan Bardella, dirigeant du Rassemblement national, ce n’est pas un geste neutre. C’est une forme de normalisation.
On peut toujours expliquer qu’il s’agit de “dialogue”, de “représentation démocratique” ou de “réalisme”. Mais l’histoire nous rappelle que banaliser certaines idées, certaines forces politiques, ouvre des portes qu’on ne referme pas facilement.
Ce qui inquiète, ce n’est pas seulement la rencontre en elle-même. C’est ce qu’elle révèle : une acceptation progressive, presque tranquille, d’une extrême droite présentée comme une option parmi d’autres.
Comme si tout cela allait de soi.
Non, cela ne va pas de soi.
On peut, on doit débattre. Mais on peut aussi refuser de cautionner, refuser de banaliser, refuser d’oublier.
Parce que le “devoir de mémoire” ne consiste pas seulement à commémorer le passé. Il consiste aussi à reconnaître, dans le présent, les signaux faibles… avant qu’ils ne deviennent évidents.
Et aujourd’hui, ce signal est inquiétant.
Sébastien BEDINI

