Sénatoriales dans le Var : une dizaine de listes pour quatre sièges
Le 27 septembre, les grands électeurs choisiront les quatre sénateurs du Var. Une dizaine de listes sont annoncées : une diversité démocratique qui révèle surtout un paysage politique très fragmenté.
Une dizaine de listes annoncées
À droite, la sénatrice sortante Françoise DUMONT conduira la liste LR. Marc LAURIOL, ancien responsable LR, se présente en dissident. À l’extrême droite, le RN et l’UDR seront réunis derrière Frank GILETTI.
Au centre, Véronique MAUREL, qui ne détient aucun mandat électif, portera les couleurs de l’UDI avec le soutien du sénateur sortant Michel BONNUS. Allez comprendre !
Jean-Pierre COLIN, vice-président de la Région, espère représenter le bloc central, tandis que le Parti radical présente Cyril AMARIT. Nassima BARKALLAH annonce pour sa part une candidature indépendante.
À gauche, André GUIOL soutient Michel GROS, La France insoumise présente Aurélien LACOUR et le Parti communiste Sylvie VINCENEUX.
Une dizaine de listes pour quatre sièges : les ambitions semblent parfois plus nombreuses que les projets.
L’héritage d’André GUIOL dispersé
La succession d’André GUIOL résume cette confusion. En 2020, il avait été élu grâce à un large rassemblement de socialistes, de radicaux, de centristes, de macronistes et d’élus ruraux, avec notamment le soutien de Cécile MUSCHOTTI, alors députée LREM.
Un rassemblement dont GUIOL semble aujourd’hui avoir surtout conservé les bénéfices électoraux, mais pas l’esprit.
Six ans plus tard, cet héritage se disperse et André GUIOL porte une lourde responsabilité dans cette fragmentation. Plutôt que de préparer une succession cohérente, il soutient Michel GROS, comme s’il pouvait transmettre un siège sénatorial avec ses relations et ses habitudes.
Cyril AMARIT, l’alternative républicaine et radicale
Face à cette logique de fidélité personnelle, Cyril AMARIT incarne, à mes yeux, une candidature plus claire, plus indépendante et plus fidèle à la tradition radicale.
Il propose une continuité politique assumée, sans se contenter d’être le dépositaire d’un ancien système d’alliances.
Michel Gros après sa défaite municipale
Michel GROS vient d’être battu dans sa propre commune, alors qu’il était maire de La Roquebrussanne depuis 18 ans. Cette défaite ne lui interdit évidemment pas de se présenter, mais elle devrait au moins l’inviter à l’humilité.
Un siège de sénateur ne devrait être ni un lot de consolation pour un maire battu ni un héritage transmis par un prédécesseur en fin de parcours.
Le choix des grands électeurs
Cette dispersion risque de favoriser les forces les mieux implantées, notamment le RN après ses dernières victoires municipales.
Une sensibilité républicaine, laïque, européenne et sociale-démocrate existe dans le Var. Mais, dans ce scrutin, elle demeure dispersée entre plusieurs candidatures et ne parvient pas à se rassembler autour d’une ligne claire.
La diversité des candidatures est légitime. Mais leur multiplication ne remplace ni la cohérence, ni la clarté, ni le rassemblement. Aux grands électeurs de regarder au-delà des étiquettes, des réseaux et des passages de témoin. Quatre sièges sont à pourvoir : ils doivent revenir à des sénateurs capables de défendre réellement toutes les communes et tous les habitants du Var.
Sébastien BEDINI

