Sénatoriales dans le Var : deux élus d’extrême droite et une succession manquée

Le résultat du 27 septembre 2026 tient en quatre noms. Françoise Dumont et Christian Simon sont élus sur la liste des Républicains. Frank Giletti et Carine Leroy le sont pour la liste du Rassemblement National et alliés. Cette dernière remporte deux des quatre sièges du Var avec 691 voix, soit 30,20 % des suffrages exprimés. La liste LR en recueille 907, soit 39,64 %. Les Républicains, qui avaient obtenu trois sièges en 2020, en perdent donc un. Michel Gros et la gauche varoise n’obtiennent aucun siège.
L’extrême droite gagne du terrain chez les grands électeurs
En 2020, la liste présentée par le Rassemblement national avait obtenu 273 voix et aucun élu. Six ans plus tard, celle conduite par Frank Giletti rassemble 691 voix et fait élire deux sénateurs. Les alliances et le collège électoral ont changé : ces chiffres ne sont pas ceux d’un même électorat votant dans les mêmes conditions. Leur écart montre néanmoins l’ampleur de la progression.
Ce scrutin ne mesure pas directement l’opinion de l’ensemble des Varois. Les sénateurs sont élus par des grands électeurs, issus principalement des communes. Le résultat révèle ainsi un rapport de force parmi les élus locaux. À mes yeux, il serait dangereux de traiter cette implantation comme une poussée passagère.
Marc Lauriol tire son épingle du jeu
Marc Lauriol termine troisième avec 252 voix, soit 11,01 % des suffrages exprimés. Sa liste des Indépendants du Var ne décroche aucun siège, mais elle devance Michel Gros de 68 voix ainsi que les listes conduites par Jean-Pierre Colin et Véronique Maurel. Pour une candidature dissidente de la droite, le résultat mérite d’être relevé : Lauriol a su réunir des grands électeurs au-delà de la liste LR menée par Françoise Dumont.
Michel Gros : l’héritage d’André Guiol ne s’est pas transmis
En 2020, André Guiol avait été élu avec 470 voix à la tête d’une liste de large rassemblement. Son élection reposait sur un rassemblement plus large que la seule gauche. Pour lui succéder, il a soutenu Michel Gros, ancien maire de La Roquebrussanne, battu aux municipales de mars dernier. La liste de Gros n’a réuni que 184 voix, soit 8,04 % des suffrages exprimés.
J’avais écrit avant le scrutin que la succession d’André Guiol ne pouvait se résumer au choix d’un héritier. Son soutien n’a pas reconstitué la coalition qui l’avait porté au Sénat. À mes yeux, Guiol porte une part de responsabilité politique dans cet échec. Un mandat ne se transmet pas avec un carnet d’adresses : il faut convaincre à nouveau, bâtir un accord et lui donner un sens.
La gauche ne peut pas accuser la seule division
Michel Gros obtient 184 voix. La liste de La France insoumise en reçoit 20, celle du Parti communiste 18. Leur addition représente 222 voix, moins de 10 % des suffrages exprimés. Même en supposant un report intégral sur une seule liste, ce total serait resté insuffisant pour obtenir un siège avec la répartition constatée dimanche.
La division a pesé sur la lisibilité de la gauche, mais elle n’explique pas à elle seule sa défaite. Il lui manque aujourd’hui un ancrage capable de convaincre au-delà de ses propres rangs. L’expérience de 2020 le rappelle : la liste de Guiol était classée au centre. Une partie de la gauche pouvait se reconnaître dans sa coalition ; elle n’en possédait pas le siège.
Deux élus d’extrême droite représenteront désormais le Var au Sénat. Ce n’est pas une fatalité pour notre département. Une gauche républicaine, laïque et sociale-démocrate peut retrouver une place dans le Var. Pour y parvenir, elle doit d’abord regagner la confiance de nos concitoyens, les écouter et prendre leurs préoccupations au sérieux.
Les prochaines échéances se préparent sur le terrain.
Sébastien BEDINI
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Sénatoriales · 27 septembre 2026
Le Var, quatre sièges, deux listes
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